A Monaco, un chantier titanesque démarre

Les travaux démarrent pour créer du foncier artificiel sur la mer. Pour Bouygues, c’est un contrat de plus de 1 milliard.
Cela faisait longtemps que Monaco caressait le projet de s’agrandir par des terres artificielles gagnées sur la mer. Le coup d’envoi de ce projet titanesque est enfin donné. « L’appel d’offres avait été remporté en 2014, mais il fallait un certain nombre d’autorisations administratives pour lancer les travaux et nous avons signé le contrat au printemps 2016, explique Philippe Bonnave, PDG de Bouygues Construction. Le chantier démarre en ce moment. ” Les quarante mois de travaux se dérouleront essentiellement en mer. Ils consisteront, pour Bouygues Travaux Publics, à construire une « plate-forme » de six hectares pour laquelle les matériaux arriveront d’un port français (Toulon, selon la présentation actuelle du projet par le groupe, ce qui impliquerait dix heures de transport maritime). Ce remblai sera protégé par une ceinture de 18 caissons en béton de 10.000 tonnes chacun, coulés directement en mer, dans des structures flottantes, au niveau d’un port français (Fos-sur-Mer, avançait le groupe ce mercredi, mais ce choix pourrait varier, prévient Philippe Bonnave. Ces caissons géants seront ensuite remorqués à Monaco. « La fabrication des caissons, à partir de début 2017, sera le plus lourd techniquement : ce sera un chantier de 700 personnes. Mais la partie la plus sensible est la phase actuelle de démarrage, car elle touche à l’écologie : elle implique notamment de déplacer des champs de posidonies, 47 grandes nacres et de travailler en prévenant la turbidité de l’eau “, remarque Philippe Bonnave. Cette plate-forme – un projet de 842 millions d’euros – à livrer début 2020 et ses infrastructures représenteront au total pour Bouygues plus de 1 milliard d’euros de contrats avant même la construction du nouvel écoquartier, soit 60.000 m² de logements de grand luxe et 3.000 m² de commerces, réalisé par le promoteur monégasque SAM Le Portier. En consortium avec Bouygues sur le projet, il commercialisera les constructions à partir de la livraison des premiers bâtiments, prévue en 2022, mais les travaux ne s’achèveront pas avant 2025.

M. C. – Les Echos | Le 01/09/2016

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *