Algues sargasses

A. Situation

Au même titre que la prolifération des méduses est devenue une problématique mondiale, de nombreux pays sont désormais touchés et impactés par un nouveau phénomène de grande envergure, lié à l’échouage massif de différentes variétés d’algues invasives. Le problème désormais présent en Chine ( région de Quingdao et de Shandong ), en France ( Bretagne ), aux Émirats Arabes Unis ( Dubaï ), et en Amérique du Nord ( Floride ) semble se renforcer de façon inquiétante et conduit régulièrement au nom du principe de précaution à des interdictions de baignade.

Depuis 2011, la prolifération des algues dites Sargasses ( Sargassum Natans et Sargassum Fluitans ) attire l’attention et l’inquiétude de tous les observateurs.
Les côtes de la Martinique, de la Guadeloupe, du Mexique, des Antilles Françaises, des Caraïbes ,de la Guyane et de la Barbade sont directement concernées par ce phénomène qui représente un désordre visuel, une menace économique, écologique et sanitaire majeur, sans précédent pour l’ensemble des pays concernés.

– Conséquences économiques

Chaque année, à quelques mois de la haute saison touristique, de nombreuses communes sont contraintes de débloquer des fonds d’urgence pour financer de coûteuses et épuisantes opérations de nettoyage devenues désormais quotidiennes. Sur l’île de Tobago ( mer des Caraïbes ) face à la démesure du problème, les autorités locales ont été dans l’obligation de décréter l’état de « catastrophe naturelle ».

« Cette année a été la pire que nous ayons connue. Nous avons besoin d’une action régionale pour résoudre ce problème, car cette algue disgracieuse pourrait finir par affecter l’image des Caraïbes. »

Christopher James, président de l’association des hôtels et du tourisme de Tobago.

Les sublimes cartes postales de sable blanc et d’eau turquoise ont laissé place sur des kilomètres de rivages et de plages, à d’immenses tapis d’algues en décomposition de plusieurs dizaines de centimètres ( plus de deux mètres dans certaines zones géographiques ) d’épaisseur.
En dehors de leur aspect visuel dénaturant pour les sites où elles viennent s’échouer, les algues Sargasses lorsqu’elles se décomposent dégagent différents gaz dont le H2S ( hydrogène sulfuré ) qui peut poser lors d’expositions prolongées de préoccupants problèmes de santé publique. Irritation des yeux, de la gorge, des oreilles et nausées. L’impact de ce phénomène sur l’économie touristique des régions touchées est donc lourd de conséquences. De plus il à été récemment découvert que ces algues échouées pullulent de parasites incommodants tels que les puces de sable, provoquant réactions allergiques et irritations cutanées.
En 2015, le nombre de rivages défigurés par l’invasion de ces algues est si élevé que de plus en plus de touristes prennent la décision d’annuler leurs vacances d’été plutôt que d’avoir à découvrir des sites sinistrés et nauséabonds.
En Martinique, la direction de l’environnement, de l’aménagement et du logement évaluait en septembre 2014, la surface d’algues Sargasses présentes le long de son littoral à plus de 177 hectares et les autorités Guadeloupéenne évaluaient en juin 2015 la masse d’algues à traiter à plus de 60000 tonnes.

Lors d’un sommet international qui s’est tenu à la Barbade le 18 aout 2015, les experts ont estimés l’impact économique des algues Sargasses sur les zones géographiques concernées à plus de 120 millions de dollars ( US ).

– Conséquences écologiques et environnementales

Les algues Sargasses posent un ensemble de problématiques interdépendantes qui sont préjudiciables aux fragiles équilibres des biotopes et éco-systèmes endémiques.

Les algues Sargasses menacent directement les tortues marines qui viennent pondre sur les plages. L’épaisse couverture constituée par les tonnes d’algues agglomérées quotidiennement, constitue un double danger pour cette espèce protégée. Soit les algues empêchent les tortues d’accéder à leurs zones de ponte traditionnelles, provoquant un état de stress et une dangereuse désorientation menaçant directement la reproduction de l’espèce. Soit dans certains cas extrêmes les échouages d’algues viennent piéger les tortues après leur ponte. Épuisées et asphyxiées par le gaz toxique dégagé par les algues en décomposition, le sulfure d’hydrogène (H2S), ces dernières finissent par mourir sur place.

Si les différents observateurs pensaient jusqu’à présent que les algues Sargasses en mer ne représentaient aucun danger, il s’avère que leur présence sous forme de nappes épaisses couvrant de grandes surfaces parfois supérieures à plusieurs hectares, engendre nombre d’effets considérés aujourd’hui comme indésirables.

– Elles auraient pour effet lors de leur voyage migratoire de disséminer des espèces non endémiques de gros poissons invasifs tels que le poisson lion. Un poisson classé comme parmi les plus dangereux du monde marin.
– Les grands » radeaux » formés par ces algues pourraient à terme en stoppant la photosynthèse menacer les coraux et les herbiers.
– De nombreux poissons morts ont été découvert par des agents du Parc en Guadeloupe au niveau de la Rivière Salée, ce qui laisse imaginer un lien direct avec les algues et leur capacité à altérer l’eau, en phase de décomposition.

Ainsi c’est l’ensemble des écosystèmes locaux qui sont potentiellement menacés par le phénomène.

Enfin les solutions de ramassage mécaniques mises en œuvres dans l’urgence, par les autorités locales des différentes zones concernées, si elles sont visuellement efficaces, ne solutionnent pas le problème et génèrent de plus des dommages collatéraux. Outre le fait que le stockage des algues à pour effet de déplacer leurs nuisances en d’autres lieux, leur ramassage directement sur les plages avec une périodicité de deux à trois jours, implique à terme un inévitable prélèvement de grandes quantités de sable et accélère un processus d’érosion déjà menaçant.

B. Origine

Pollutions contaminant progressivement les océans et changement climatique, impactant directement certains courants marins sont entre autres phénomènes à l’origine de la propagation exponentielle et à l’échouage massif des algues, dont les algues rouges ( Émirats arabes unis ), les algues vertes ( Bretagne, Chine ) et algues Sargasses.

Selon les experts, plus de 75% des pollutions marines dans le monde seraient d’origine tellurique et donc d’origine terrestre, soit directement ou indirectement liées aux activités humaines. Ces pollutions chroniques touchent l’ensemble des mers du globe et il est aujourd’hui reconnu que près de 70% des produits chimiques déversés dans le pacifique ne reçoivent aucune forme de traitement préalable. Ce constat alarmant laisse supposer une concentration de phosphates, de nitrates et de pesticides totalement anormale et non assimilable par les océans et par les eco-systèmes concernés.

« On estime à 100 000 le nombre de produits chimiques d’origine humaine introduits dans notre vie quotidienne. Or la majeure partie d’entre eux finissent dans des océans, incapables de les assimiler. »

Magnus Jóhannesso, Secrétaire au ministère islandais de l’Environnement.

Tous les réseaux fluviaux amènent chaque jour à la mer des quantités très importantes de produits chimiques sous forme de résidus pharmaceutique, de pesticides, d’engrais et autres adjuvants. Le déversement des eaux usées à partir des émissaires fluviaux ou côtiers entraîne la présence d’une quantité excessive de nutriments qui favorisent la prolifération rapide des algues mais également des méduses.

Pendant longtemps les scientifiques ont cru que les algues sargasses provenaient uniquement de la mer du même nom. Pour certains spécialistes et observateurs il semble qu’en réalité cette mer ne soit plus leur seul point de naissance. Les algues Sargasses proviendraient également du nord du Brésil et de la Guyane. Portées par le courant des Caraïbes, les algues trouveraient dans la zone du fleuve amazone une quantité de nutriments suffisante pour se développer très rapidement. A partir de ce point de démultiplication elles profiteraient des grands courant intercontinentaux ( tel que celui des Antilles ) pour coloniser le monde.

Pascal Saffache, professeur des Universités en géographie en Martinique, indique que » ces algues semblent arriver plutôt du sud de l’archipel caribéen » et » qu’il à été observé au nord du Brésil un important banc de Sargasses, 8000 km de long sur 120 km de large. Cette prolifération s’expliquerait par une présence importante de nutriments dans l’eau, en partie liée à la présence de l’homme, qui contribuent à la prolifération des algues « .

C. Solutions

Fort de notre longue expérience dans la gestion auprès des collectivités locales, de la problématique des méduses à leur stade invasif et de leurs conséquences sanitaires et économiques, nous mettons à votre disposition un ensemble de services et compétences exclusives, qu’aucune autres société n’est à aujourd’hui capable de fédérer au sein d’une seule et même entité.

– Compétences scientifiques et biologiques.
– Compétences opérationnelles.
– Compétences techniques.
– Compétences technologiques.

De la simulation courantologique à la pré localisation physique, du confinement global à la protection de zones géographiques ciblées, de la collecte au stockage et à la valorisation, le Groupement d’intervention contre les pollutions marines ( GIPM ) et la société Pollustock sont en mesure de vous apporter une expertise de référence dans la gestion des algues Sargasses et ce partout dans le monde.
Nos équipes opérationnelles constituées de scaphandriers spécialisées et expérimentés, peuvent êtres détachées sur différents sites et dans différents cadres de missions et ce sur des périodes allant de quelques jours à plusieurs mois.
De la mise en œuvre de barrages flottants anti algues Sargasses et équipements assimilés, à l’encadrement et à la formation d’équipes locales, nos missions s’intègrent dans un schéma de coopération internationale.
Depuis 2009, partant du principe que toute problématiques à sa solution, notre ambition est d’apporter des réponses adaptées et parfaitement rationnelles à toutes les situations invasives perturbant l’équilibre des milieux aquatiques.
Pour nous, la gestion des algues Sargasses doit s’intégrer dans un vaste programme de protection des zones côtières, dont l’objectif est d’en stopper définitivement l’échouement.