Méduses dans les lacs Suisses

Source : Christine Talos, publié le 28.07.2015

Un article paru dimanche dans la NZZ commence à faire du bruit en Suisse alémanique, où il a notamment été repris par le Blick. Le journal lance un pavé dans la mare: si les eaux des lacs suisses continuent de se réchauffer, nous pourrions devoir faire face à une invasion de méduses!

En effet, de petites méduses d’eau douce, répondant au doux nom de «Craspedacusta sowerbii», vivent de manière quasiment invisible depuis presque 100 ans dans les eaux helvètes, explique-t-il. Elles y ont été amenées à l’époque en même temps que des plantes exotiques en provenance de Chine pour agrémenter les jardins botaniques. Hic: si l’eau se maintient à plus de 25 degrés quelques semaines, les bestioles peuvent se transformer en méduses classiques, souligne la NZZ, et se propager alors dans les lacs. Heureusement, l’espèce serait inoffensive pour l’homme, rassure le journal alémanique.

Mais à l’image des méduses, de plus en plus d’espèces aquatiques tropicales parviennent à survivre dans les lacs helvètes. Ainsi Andreas Hertig, adjoint au service cantonal de la pêche dans le canton de Zurich, a constaté dans les eaux du lac zurichois la présence de perches-soleil nord-américaines, des Pseudorasbora brava dans le Rhin, ou encore des poissons-chats dans un étang près de Neftenbach (ZH).

Origine: les aquariums

Tous proviennent à la base d’élevage pour les aquariums. «Les propriétaires s’en débarrassent toujours plus souvent, notamment en période de vacances,» note le biologiste, «soit par lassitude, soit par incompréhension de l’espèce». Si la plupart des poissons tropicaux parviennent à survivre à la belle saison, ils meurent dès que la température de l’eau passe au-dessous de 20 degrés.

Mais certains ont déjà réussi à s’acclimater à nos hivers à l’image des poissons rouges que beaucoup connaissent et qui ne posent guère de souci en termes de biodiversité si ce n’est dans les petits plans d’eau.

En revanche, d’autres espèces sont bien plus menaçantes. Ainsi la gobie à taches noires, une espèce très invasive, est arrivée chez nous via les bateaux qui remontent le Rhin. Hic: ce poisson, repéré à la hauteur de Kaiseraugst, près de Bâle, dévore tout sur son passage. Et comme il pond ses oeufs sur les coques des navires, il peut très vite se répandre ailleurs en Suisse. Et ce serait alors bien pire que les méduses…

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